Grave (Julia Ducournau, 2017)

Grave est le premier long-métrage de la cinéaste Julia Ducournau. Elle n'avait jusque là que tourné des projets plus modestes et le moins que l'on puisse dire, c'est que son premier long s'est fait remarquer.

Ce film porte bien son titre. Il raconte l'arrivée d'une étudiante brillante (Justine) dans une école vétérinaire belge, la jeune femme végétarienne comme les autres membres de sa famille subit un choc lors du bizutage traditionnel ayant lieu dans cette établissement.

Julia Ducournau développe une approche graphique et colorée très proche du style de NWR (Nicolas Winding Refn, si vous n'aimez pas les acronymes). Notamment dans les scènes du bizutage avec la musique, les lumières artificielles, ... .

Pour continuer dans les affinités et parentées avec d'autres maîtres. On sent le cousinage à la fois de David Lynch mais encore plus de David Cronenberg. Un cauchemar mystérieux non pas par l'intrigue mais par l'étudie des personnages car la soeur de Justine et son ami deviennent importants avec la durée. 

Car on comprend le malaise de l'héroïne, on suit la chute psychologique et tortueuse de cette adulte-enfant. Contradictoirement la naissance de cette psychose semble irréelle et réaliste. Des moments de ce Grave sont dignes d'un Cronenberg. C'est organique, viscéral voir gore sans exhibitionnisme malgré les passages cannibalistes.

Ce film d'horreur peut être qualifié d'"intellectuel", il ne tombe jamais dans l'effet facile ou dans le polissage pour les masses. Les thèmes traités sont adultes et contemporains comme le végétarisme, l'animalité de l'Homme, la vie universitaire (pas jolie à voir d'ailleurs) ainsi que les maladies mentales.

Les actrices sont saisissantes Garance Marillier est stupéfiante en petite chose fragile. le reste de casting est aussi excellent. La B.O. colle parfaitement avec le ton de cette oeuvre féroce et faiseuse de buzz ayant subit des restrictions dans de nombreux pays.

Ma note est de 9/10.

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