Léolo

Léolo (Jean-Claude Lauzon, 1992)

J-C Lauzon était un cinéaste considéré comme un des plus talentueux de sa génération. Un Zoo, la nuit son premier film avec reçu un accueil prometteur, ce 2e et dernier Léolo a atteint un statut particulier pour beaucoup de connaisseurs. Dernière réalisation car Lauzon est mort dans un accident d'avion en 97.

L'auteur ne recule devant rien pour raconter son histoire car il s'est inspiré de sa propre enfance ainsi que du roman L'Avalée des avalés de Réjean Ducharme. Le jeune narrateur nous lit ses mémoires, le gamin est un écrivain brillant qui vit avec sa famille dans un quartier dépottoir.

Le texte est à la fois fascinant et repoussant (comme l'entièreté du film d'ailleurs !). Misanthropique, scatologique avec des poussées oniriques, d'une prose et d'une poésie véritablement dérangeantes.

Beaucoup de fantaisie dans ce récit, les personnages de la famille décrites sont tous des malades mentaux (littéralement) obsédés par le fait de chier notamment, le héros tente d'assassiner son grand-père dans une scène de pendaison complètement délirante, ... et bien d'autres folies.

La mise en scène est au diapason des qualités fondamentales. Les images imprégnées par la saleté des décors, il y a quelque chose d'organique dans la façon de filmer ses protagonistes laids, gros et suants.

Malgré ça, la recherche esthétique est présente. Les mouvements de caméra parfois grossiers n'en sont pas moins inspirés, les cadrages déroutants et la photographie sombre contribuent à créer une ambiance.

Une oeuvre hors du commun qui soit vous dégoûtera ou bien vous attirera. 8/10.

Retour à l'accueil