Le Conformiste

Le Conformiste (Bernardo Bertolucci, 1971) Titre original: Il Conformista

Cette cinquième réalisation de Bernardo Bertolucci, pour moi est le plus grand d'une filmographie pourtant très riche en la matière. Le Conformiste est une adaptation d'un roman de Alberto Moravia.

Ce film raconte et étudie le Fascisme italien sous l'optique d'un personnage. Clerici fait tout pour être comme "tout le monde", paraitre conforme à l'image du fasciste idéal sans spécialement adhérer à l'idéologie. Sa recherche de cette "perfection" est vraiment intéressante à découvrir, psychologiquement judicieux car on saisit ses motivations.

La narration non-linéaire relance sans cesse l'intrigue générale, de nombreux flash-back s'intègrent bien au reste. Le script est également une arme de ce long-métrage, les dialogues intelligents ou pullulent les sous-entendus et les faux-semblants font merveilles.

Outre les qualités d'écriture indéniable, le cinéaste transalpin enrobe son oeuvre d'une mise en scène fascinante. Les cadres crées ont un superbe rendu graphique, Bertolucci joue avec l'architecture des lieux de tournages, décors et batiments immenses, vides ainsi que provoquants de la profondeur de champ.

Dans la seconde moitié qui se déroule à Paris, c'est moins frappant et la caméra se rapproche des protagonistes. Un énorme travail de formes et de lumières. La musique de Georges Delerue est en adéquation avec l'imagerie.

Le metteur en scène a depuis toujours été un excellent directeur d'acteurs et surtout d'actrices. J-L. Trintignant élabore un caractère qu'il connaît par coeur, taiseux et obsessionnel. Mais j'ai surtout eu un coup de coeur pour Stefania Sandrelli, Dominique Sanda est aussi bien que cette dernière.

10/10 bien entendu.

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